Comment faire crever des rejets : 3 méthodes efficaces

Un rejet coupé seulement en surface peut réapparaître et continuer à concurrencer le greffon. La première intervention consiste à dégager sa jonction, puis à couper la pousse au niveau de la racine ou à l’arracher lorsque c’est possible, sans blesser le tronc ni le greffon.

Si de nouvelles pousses apparaissent, une gestion mécanique répétée reste l’option à privilégier avant d’envisager l’enlèvement de la souche. Le choix dépend toutefois de l’origine du rejet, de l’accès et des végétaux voisins, tandis qu’un produit phytopharmaceutique ne doit être utilisé que si son étiquette autorise précisément cet usage.

Résumé

  • Un rejet est une pousse issue du porte-greffe ou de la base, et il faut le repérer tôt autour du point de greffe pour limiter la concurrence.
  • La méthode mécanique reste la première option, avec une coupe au ras de la racine et un arrachage si possible, à répéter si la repousse revient.
  • Toute option chimique ou thermique doit être vérifiée au regard de son usage autorisé, de son étiquette et des risques pour les végétaux voisins, le sol et l’eau.
  • Le bon choix dépend de l’espèce, de l’accès, du budget et de l’impact recherché sur le sol et le greffon.

Qu’est-ce qu’un rejet et à quel moment intervenir ?

Un rejet désigne une pousse issue du système racinaire ou de la base d’un sujet greffé. Il peut concurrencer le greffon lorsqu’il se développe. Pour bien distinguer l’origine, consultez le lexique du thésaurus INRAE qui définit la terminologie. Surveillez la zone autour du point de greffe plusieurs fois par saison et retirez les pousses précoces : agir tôt réduit l’effort requis et limite la concurrence pour l’arbre greffé.

Méthodes pour éliminer les rejets : comparatif

La coupe ou l’arrachage constitue le premier choix. L’enlèvement de la souche peut convenir lorsque l’accès le permet, tandis qu’un produit phytopharmaceutique exige un usage explicitement autorisé. Le tableau compare aussi les mesures préventives et les options écartées faute de preuve adaptée.

méthodeefficacitétempscoûtimpact environnementalniveau de difficultématériel
mécanique (coupe à la racine / arrachage)variable selon l’origine du rejet et la régularité des interventionsplusieurs interventions saisonnièresfaible (main d’œuvre)faiblemoyensécateur, bêche, binette
gestion de la souche (broyage, excavation)à évaluer selon la souche et le terraindurée variable selon l’accès et le chantiervariable selon le matériel et le recours à un professionnelmoyenélevébroyage, pelle, engin
chimique (uniquement pour un usage autorisé)efficacité non établie par les sources citéesdélai non établi par les sources citéesmoyenélevé si mal utilisémoyenproduit autorisé et équipement prévu par l’étiquette
sel et javel : non recommandés ici faute de preuve adaptéevariable / risquédélai non établifaiblerisque pour le sol non quantifié icifaibleaucun matériel recommandé
prévention (barrière, paillage)préventivelong termefaible à moyenfaiblefaiblepaillage, géotextile

Méthode mécanique : techniques de coupe, arrachage et prévention de la reprise

Couper un rejet à la racine

  1. Dégagez suffisamment de terre pour repérer la jonction avec la racine mère.
  2. Coupez au niveau de cette jonction ou arrachez le rejet lorsque c’est possible, sans blesser le tronc ni le greffon.
  3. Surveillez la zone et recommencez si une pousse réapparaît.

Méthode chimique : cadre d’usage et précautions de sécurité

N’utilisez un produit phytopharmaceutique que si son étiquette autorise explicitement l’usage envisagé, puis respectez ses conditions d’application et ses précautions. Évitez toute dérive vers les végétaux voisins et les points d’eau. En production professionnelle, vérifiez les textes officiels en vigueur avant toute utilisation.

Méthodes non chimiques : paillage et gestion mécanique répétée

Le paillage peut être envisagé comme mesure préventive, mais les sources fournies ne démontrent pas ici les effets attribués à un paillage humide ni au compost dans une souche percée. Faute de preuve adaptée sur leur efficacité et leurs risques, le sel et la javel ne sont pas recommandés. Privilégiez la gestion mécanique répétée si vous souhaitez éviter ces produits.

Comment choisir la méthode la plus adaptée à votre jardin ?

Évaluez l’origine du rejet, la proximité d’autres végétaux, votre budget et votre tolérance au risque environnemental. Commencez par une intervention mécanique et réévaluez la situation en cas de repousse ; si un traitement est envisagé, vérifiez d’abord qu’un usage adapté est autorisé, ou étudiez l’enlèvement de la souche si le terrain le permet.

Identifier l’origine du rejet : racine, souche, tronc ou greffe

Vérifiez d’où part la tige : si elle sort du sol à distance du tronc, il s’agit souvent d’un drageon de racine ; si elle pousse contre la souche ou le tronc, c’est un rejet de souche. Marquez la zone et observez la saison suivante pour confirmer l’origine avant d’agir.

Choisir selon le terrain et le greffon

Trois critères de choix

  • Pour une espèce drageonnante, surveillez les repousses et intervenez de nouveau si nécessaire.
  • Pour préserver un greffon, préférez une coupe localisée à la racine plutôt qu’une pulvérisation large.
  • Avant d’enlever une souche, vérifiez l’accès ainsi que la proximité des végétaux, des racines et des réseaux.

Plan d’action selon urgence, budget et volonté de conserver ou supprimer le sujet

Plan d’action

  1. Avec un budget limité, commencez par une coupe ou un arrachage localisé.
  2. En cas de repousse, recommencez l’intervention sans blesser le greffon.
  3. Avant une excavation, évaluez l’accès et les risques pour les racines ou les réseaux voisins, ou demandez l’avis d’un professionnel.

Précautions de sécurité, réglementations et impact environnemental à respecter

Respectez les prescriptions réglementaires pour l’usage des produits et la destruction du matériel végétal. Pour identifier les obligations applicables en production, vérifiez les textes officiels en vigueur. Le document du ministère de l’Agriculture publié en 2014 ne suffit pas, à lui seul, à établir le droit actuel. Portez des équipements de protection, évitez toute contamination des eaux et limitez l’usage d’éléments persistants dans le sol.

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