Pensez-vous à votre santé lorsque chaque jour vous allez acheter votre pain ? Pensez-vous à votre santé lorsque vous partagez un délicieux moment au restaurant avec vos amis ? Pensez-vous à votre santé lorsque tout simplement vous mangez ? Pas ou plus nécessairement. Et pourtant.
Manger nous occupe en moyenne deux heures par jour, auxquelles nous pouvons ajouter une heure et demie de tâches domestiques sans compter le temps dévolu aux activités ou sollicitations commerciales, politiques ou médicales qui concernent l’alimentation.
L’alimentation absorbe 20,5 % des dépenses de consommation des ménages français. Notre consommation alimentaire repose sur l’activité d’innombrables entreprises de production et de distribution alimentaire, sur des marchés locaux, nationaux et internationaux. En France, les industries agroalimentaires, la restauration hors domicile et le commerce agroalimentaire représentent 5 % des emplois.
Premier gage physiologique de santé
Notre alimentation est notre premier gage physiologique de santé, et aujourd’hui, elle semble bien fragilisée par les dégâts qu’en a fait mondialement l’industrie agro-alimentaire. Les deux premiers facteurs de risque de maladie et de mortalité à l’échelle mondiale sont la malnutrition maternelle et infantile et le régime alimentaire. Et on ne parle aujourd’hui plus que d’obésité, maladies cardio-vasculaires, cancers et diabètes en grappe au cœur de populations dites riches, englouties par les produits manufacturés et les conservateurs de synthèse.
À l’âge de raison de sa civilisation, l’être humain aurait donc perdu son précieux instinct de survie n’ayant plus de risque de voir sa prédominance de prédateur perdue. Laisser filer ainsi sa santé par la nourriture, et laisser l’appétit de l’argent gagner sur sa propre survie.
Qu’est-ce que manger sain ?
Naturopathe avant l’heure, l’abbesse Hildegarde de Bingen avait expérimenté dès le XIIe siècle la démarche holistique à travers la médecine, la diététique, les plantes, la musique et les cristaux. Avant tout autre, elle s’était posée la question de ce qu’est manger sain pour nous (comme nous le rappelle entre ces lignes la naturopathe inspirée Laurence Gallais) et œuvra ainsi à soigner l’humain en prenant en compte son corps, mais aussi son esprit et son âme.
Selon elle, « les remèdes sont indissociables de l’alimentation ». De son lointain Moyen-Âge allemand, elle nous rappelle ardemment que manger est l’affaire d’un engagement sanitaire quotidien, tout comme Xavier Hamon, tour à tour cuisinier et infirmier, le proclame, ou Élisabeth Lambert, juriste et directrice de recherche au CNRS, qui travaille sur la santé environnementale, et qui nous questionne sur l’utilisation du droit pour retrouver d’urgence une alimentation saine.
Toujours plus…
Et de ses précieux conseils, elle nous renvoie aussi à la folie des humains à vouloir toujours plus (lire aussi Continuer à manger de la viande, qu’est-ce que ça implique ? ; Mathieu Asselin, la photographie documentaire en bandoulière ; De la science-fiction dans nos assiettes) au détriment de notre équilibre le plus important (lire aussi Des racines et des fruits : manger forêt ; La moisson tant attendue est arrivée pour ces paysans-boulangers d’Anjou).
Reconnue par ses pairs puis proclamée Docteur de l’Église en 2012, la moniale bénédictine vit son influence et sa notoriété grandir, notamment à travers la transmission de ses remèdes à base de plantes médicinales, d’épices, de vin et d’épeautre. Ne dit-on pas « Santé ! » en trinquant avec ses compagnons de route ?
Photo bannière : L’artiste Maurizio Cattelan pour Toiletpaper magazine, revue satirique qui dénonce la surconsommation. @Crédit photo : Maurizio Cattelan


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